Les conditions d’émergence des grandes idées

 

Eurêka! (« j’ai trouvé ») est le cri que le savant grec Archimède aurait lancé au moment d’euphorie et de certitude lié à la soudaine compréhension de la force particulière  subie par un corps plongé dans un fluide.  Eureka est donc l’exclamation proférée à l’instant où l’on trouve la solution à un problème, à une difficulté. Alors comment avoir plus souvent l’occasion de proférer des « Eureka », « Bon Dieu mais c’est bien sur! », « Ah ouais! » ?Une étude intitulée  « Insight solutions are correct more often than analytic solutions » et publiée dans the journal Thinking & Reasoning, vient de démontrer que les grandes idées, celles qui produisent des moments de  « Ah, ouais! » surviennent surtout lorsqu’on sait ignorer les délais de réalisation et le séquencement de la pensée analytique. Cette recherche montre également que ces moments inattendus de créativité produisent des résultats plus justes que ceux obtenus par la pensée analytique.

Selon le Professeur John Kounios, l’un des auteurs de l’étude, « La pensée analytique consciente peut parfois être soumise à des contraintes de temps ou bâclée, conduisant à des erreurs dans la résolution d’un problème. Cependant, l’inspiration soudaine est inconsciente et automatique – elle ne peut pas être précipitée.

Lorsque le processus de créativité se déroule jusqu’au bout en respectant son propre rythme et que tous les points sont reliés à un niveau inconscient, la solution apparaît à un niveau conscient sous forme d’instants de « Ah ouais ! » Cela signifie que si vous avez besoin d’une idée vraiment nouvelle et créative, il est souvent préférable d’attendre la l’inspiration soudaine au lieu de se contenter d’une idée produite par une pensée analytique « .

Ces conclusions proviennent d’une série d’expériences dans lesquelles les participants devaient résoudre des énigmes nécessitant des éclairs d’inspirations. Les résultats ont montré que les solutions issues de l’inspiration étaient plus souvent correctes que celles issues des solutions analytiques.

Selon le Dr Carola Salvi, premier auteur de l’étude, «L’histoire des grandes découvertes est pleine d’épisodes de brillantes inspirations, nourrissant ainsi la croyance populaire qu’une pensée pénétrante est le plus souvent correcte. Cette croyance n’a cependant jamais fait l’objet d’une évaluation, cette croyance pouvant résulter d’une tendance à n’intégrer que des cas positifs et négliger les idées ne fonctionnant pas. Notre étude évalue l’hypothèse que la confiance que les individus ont vis à vis de leurs idées est justifiée ».

Les chercheurs ont constaté que les réponses à des questions verbales étaient considérées comme correctes à 94% lorsqu’elles résultaient d’un insight et à 78% lorsqu’elles résultaient d’une analyse. Lorsqu’on leur donnait des puzzles visuels, les réponses correctes étaient de 78% avec l’insight et de 42% avec la pensée analytique.

Le Professeur Kounios a expliqué l’importance du délai de réalisation – ou de son absence : « Les délais créent un sentiment d’anxiété, subtile – ou pas si subtile que cela

L’anxiété décale la pensée de l’inspiration vers l’analytique. Les délais sont utiles pour maintenir les individus sur une tâche, mais si les idées créatives sont nécessaires, il est préférable d’être souple sur les délais. Un délai trop rigide va permettre d’obtenir des résultats, mais ils seront très probablement moins créatifs « .

L’étude a été publiée dans la revue Pensée & Raisonnement (Salvi et al., 2016).

Commentaires : si vous voulez produire des idées génératives, des solutions tout à fait inhabituelles, nous vous proposons le processus PNL de créativité à partir du modèle d’imagineering de Walt Disney. Et pour ceux qui veulent des idées encore plus innovantes, des solutions dont vous ne soupçonniez pas l’existence, nous vous proposons le processus de générativité de Robert Dilts et Stephen Gilligan. La générativité est l’art de trouver des solutions créatives et inattendues. Cette générativité n’est pas le produit d’une intelligence cognitive, mais d’une collaboration entre trois formes d’intelligences, celles de notre mental, celle de notre corps et celle d’un champ relationnel.

Voici les étapes de ce processus :

  • Se placer dans un état de centrage, de présence à vous même, et posez une ancre à cet état.
  • Formuler une intention (ce vers quoi vous voulez allez) que vous avez exprimer sous forme d’une phrase courte (moins de 5 à 7 mots), d’un symbole et d’une expression somatique (un geste) Par exemple, « Je veux plus de liberté dans ma vie »
  • Se connecter mentalement à un champ de ressources (des personnes importantes pour vous, des lieux, des objets, des environnements…etc).
  • Puis connectez les trois éléments : le ressenti du centrage, la clarté de l’intention (dire les mots, voire le symbole et faire le geste), et la connexion au champ de ressources.
  • Répétez plusieurs fois la dernière étape, et passez à autre chose. Ne fixez pas de délais pour la production des idées nouvelles. Votre inconscient fera le travail en silence et saura vous faire savoir le moment ou les idées nouvelles seront prêtes à émerger.

Copyright Jean Luc Monsempès

Texte original : http://pnl-info.typepad.com/pnlweblog/2016/04/les-conditions-d%C3%A9mergence-des-grandes-id%C3%A9es.html

Sources : Carola Salvi, Emanuela Bricolo, John Kounios, Edward Bowden & Mark Beeman (2016): Insight solutions are correct more often than analytic solutions, Thinking & Reasoning, DOI: 10.1080/13546783.2016.1141798