Le couple a t’il un avenir ?

Yvon Dallaire
Psychologue, auteur et membre de l’Ordre des psychologues du Québec

Le couple se fait de plus en plus rare. Les hommes et les femmes vivent de moins en moins à deux et, quand ils le font, ils s’y mettent de plus en plus tard dans leur vie.

Selon l’Institut de la statistique du Québec, le taux de nuptialité est passé de 10,7 % en 1940 à 2,9 % en 2010, ce qui fait de nous les champions mondiaux. Le taux canadien est de 4,7 %; celui des États-Unis, 7,4 %. Quant à l’indice de divortialité, de 8,8 % en 1969, il a grimpé à 51,9 % en 2005. C’est donc à juste titre que l’on peut se demander si le couple a un avenir.

Autres statistiques
En 1970, au Canada, l’âge moyen du premier mariage était de 21 ans pour les femmes, 23 ans pour les hommes. En 2003, il était de 28,5 et de 30,6. Là encore, le Québec se démarque et fait figure de proue avec un âge moyen qui est passé de 26,84 en 1951 à 32,36 pour les hommes en 2010 et de 24,31 à 30,69 pour les femmes. D’une moyenne de 5 % en 1890, le taux de divorce est passé à 18 % en 1920 et à 30 % en 1950. Chez les couples mariés dans les années 1970, la probabilité de divorcer est de 50 %. Quant aux couples mariés depuis 1990, on estime que 67 % d’entre eux auront divorcé en 2030. De plus, la durée médiane du mariage est passée de sept ans en 1960 à cinq ans.

Un paradoxe
On se marie de moins en moins; on divorce de plus en plus. Malgré tout, le couple a encore la cote d’amour si l’on se fie aux milliers de sites et d’agences de rencontre. On obtient 1 210 000 pages en écrivant «âme sœur» sur Google (en 0,44 sec), plus de 25 900 000 avec soulmate (en 0,38 sec). Impensable il y a quelques décennies à peine, la cohabitation ou union libre est de plus en plus populaire. Plus de 11 % des États-Uniens, 18 % des Français et 16 % des Canadiens vivraient ainsi. Mais c’est au Québec et en Suède qu’il y en aurait le plus: 30 %.

Une nouvelle forme de couple fait lentement son apparition: les VCCS (pour «vivant chacun chez soi»). Les Anglo-Saxons les appellent des LAT (pour living apart together). Ils seraient 8 % en France et au Canada, 14 % en Angleterre, âgés de 18 à 79 ans. Aucun chiffre disponible pour le Québec.

Que penser ?
Après tout, le couple a peut-être un avenir. Si la tendance se maintient, les hommes et les femmes vont tranquillement réinventer de nouvelles façons de vivre ensemble.

Référence : Journal de Montréal
http://www.journaldemontreal.com/2016/02/18/le-couple-a-t-il-un-avenir

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Yvon Dallaire
Psychologue, auteur et membre de l’Ordre des psychologues du Québec. Il cumule plus de trente ans de pratique en thérapie conjugale. Il est l’auteur de vingt-quatre livres sur les relations homme – femme. Il est aussi chroniqueur pour le Journal de Montréal et de Québec depuis 2008. Il est fréquemment consulté par les médias tant québécois qu’européens. Il est le créateur de l’Approche Psycho-Sexuelle Appliquée aux Couples qu’il anime avec succès dans toute la francophonie, approche qui a permis à de nombreux couples de retrouver l’harmonie et l’intimité perdues avec le temps. Il est un formateur hors pair sachant dédramatiser avec humour les situations conjugales les plus complexes.Yvon sait présenter le quotidien conjugal avec réalisme, humour et positivisme.